Manufacture de Vincennes

La Manufacture de Vincennes est une Manufacture de porcelaine créé en 1740 dans l'enceinte du Château de Vincennes, Val-de-Marne et transférée en 1756 à Sèvres pour former la Manufacture de Sèvres.



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Porcelaine - Céramique - Entreprise française - Entreprise fondée en 1740 - Vincennes

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Porcelaine tendre de Vincennes, 1749-1750.

La Manufacture de Vincennes est une Manufacture de porcelaine créé en 1740 dans l'enceinte du Château de Vincennes, Val-de-Marne et transférée en 1756 à Sèvres pour former la Manufacture de Sèvres.

Historique

Seul, Johann Friedrich Böttger trouva la formule de la porcelaine dure en 1709 en découvrant par hasard un gisement de kaolin en Saxe. Il sera le premier à fonder une manufacture de porcelaine dure hors de Chine et sa grande performance fut la cuisson des couleurs au petit feu et la mise au point en 1720 d'un mordant universel qu'on mélange à la couleur pour qu'elle se fonde sur l'émail. Il en découle une nouvelle gamme de coloris et permet son utilisation sur les fonds. Ces trouvailles sont idéales sur la porcelaine dure, mais peu efficace sur la porcelaine tendre, qui à la cuisson se recouvre de tâches noirâtres.

Jean-Louis Henri Orry de Fulvy, (1703-1751) d'une famille venant de Rouen, Intendant des finances et Conseiller d'Etat fils de Jean Orry et frère du ministre Philibert Orry. Pensant faire des affaires, il acheta en 1738, les secrets de fabrication des frères Robert et Gilles Dubois, transfuges de la manufacture de Porcelaine de Chantilly servant à concurrencer les productions de Meissen. Il installe en 1738 dans les anciennes cuisines du Pavillon de la Reine, côté cour de la surintendance, la Manufacture. Les réparations et l'entretien des bâtiments incombant aux locataires, selon les termes de l'arrêt du Conseil d'État instituant la Manufacture des frères Adam. Les premiers dirigeants sont les frères Gilles et Robert Dubois, anciens élèves de la faïencerie de Saint-Cloud, ouvriers à Valenciennes et Saint-Amand chez Pierre Barthélémy Dorez, beau-frère de François Joseph Carpentier prédécesseur de François Joseph Peterinck. Ils sont rejoint par : Adrien Pierre Mignon, riche marchand de bois, qui apporte 3000livres et Edmé Serrurier, mais aussi Claude Humbert Gérin qui mit au point la magnifique pâte tendre de Vincennes, par apport d'alun dans la pâte : terre blanche façon d'Angleterre sans cependant en retirer un bénéfice. Louis François Gravant, lui vola son secret et se fit beaucoup payer pour apporter la pâte à la manufacture. Payé par la Manufacture jusqu'en mars 1742, Gérin propose à Edmé Serrurier d'héberger dans ses ateliers la fabrication de sa terre blanche. L'association se fait en septembre 1743 avec privilège de 10 ans sur 10 lieues autour de Paris et la permission de vendre dans tout le royaume, ce sera la création de la Manufacture de Pont-aux-Choux. Les frères Dubois sont dès 1742 rue de la Roquette. En 1746 Serrurier et Mignon restent seuls à la tête de l'entreprise. Il y a 250 ouvriers en 1745 avec Gérin à la tête pendant légèrement plus de deux ans. Il réintègre Vincennes en 1746, car sans lui la pâte était grise, il fit des interventions sur le four et perfectionna les cuissons. La manufacture a le monopole de la décoration à l'or depuis 1745, sa maîtrise de ce métal sur la porcelaine ne sera jamais égalée et contribuera à sa gloire.

Broc et bassin en porcelaine tendre, Vincennes, 1753.
Biscuit en porcelaine tendre, Vincennes, 1754-1755.

Cette pâte à porcelaine tendre est obtenue par l'adjonction d'une fritte, mélange de sable siliceux ou de feldspathique et de soude donnant la possibilité de la vitrification de la pâte après cuisson, cette composition de marne calcaire et de silice de potasse. La porcelaine tendre est obtenue que par moulage, la cuisson en est complexe, le retrait étant important; le décor étant posé après la cuisson du vernis plombifère de la même façon que pour une faïence fine.

En 5 ans les frères Dubois avaient perdu 60.000 livres et la production n'était pas rentable. Un ouvrier de la Manufacture du nom de Parent, qui avait réalisé quelques expériences, présenta à Orry des échantillons d'une porcelaine tendre de belle qualité et lui proposa de lui vendre le secret de fabrication. Orry accepta l'offre, congédia les frères Gilles Dubois (céramiste) et Robert Dubois qui partirent la Manufacture de Valenciennes. Avec huit commanditaires, il créa une Compagnie, garantie par privilège royal délivré à Charles Adam, pour exploiter le procédé de Parent, pour une durée de vingt ans. Orry obtint en juillet 1745 privilège royal exclusif de faire Une porcelaine façon de Saxe, peinte et dorée à figures humaines.
Parmi les actionnaires de la première heure avec deux actions Philibert de Parseval, qui donnera, avant l'ensemble des autres actionnaires (1751), son nom à une forme (1748). De sa création en 1748 à 1756; 125 vasesParseval seront vendus en 3 grandeurs la 1ere en lapis paysages dès octobre 1752, la 2e vers décembre 1753, à décor de fleurs, la 3e à partir de 1754.

Si Charles Adam n'avait pas des qualités d'administrateur, il était débordant d'activité et d'initiative. Les porcelaines produites en Angleterre étant plus belles que celles de Saxe, il s'ensuivit que des sommes énormes quittaient le pays, pour l'acquisition de cette production. Pour faire face à cette fuite de capitaux Adam demanda et obtint l'extension de la Manufacture. On lui octroya le manège couvert de la grande cour et les bâtiments de l'ancienne ménagerie de Bel-Air restés innocupés après le départ de celle-ci pour le Jardin des Plantes[1].
Pour prévenir toutes fuites des procédés de fabrication auxquels les ouvriers étaient initiés, le Parlement, dans un arrêt du 24 juillet et du 19 août 1747 édicta des peines sévères pour ceux qui quitteraient la Manufacture. La totalité des personnels fut alors soumis à une surveillance incessante. Impossible de prendre un jour de congé, sans permission, sous peine d'amende ou de prison. Pour la violation du secret, l'amende pouvait atteindre 1000 livres et en cas de non payement une peine de trois ans de prison venait frapper le fautif, peine afflictive en cas de récidive (AN :O. 2.509). En 1752 deux transfuges passèrent à Sceaux, ils furent repris, emprisonnés, puis réintégrés à Vincennes.
Le 6 août 1748 un arrêt du Parlement vient confirmer le privilège d'Adam, qui rivalise désormais avec les autres porcelaines de Saxe et d'Angleterre. Et néenmoins ce succès n'apporte pas le réussite financière escomptée.

En 1748 est créée une fleurisserie composée d'une vingtaine de jeunes filles, sous l'autorité de Madame Gravant; cette activité prendra fin en 1753, date à laquelle l'enceinte de la Manufacture est interdite aux femmes. La production sera de plus de mille pièces dans le deuxième semestre de 1748. Elles continueront à travailler pour la Manufacture, mais à domicile, apportant et reprenant l'ouvrage l'ensemble des jours. Les marchands merciers montent ces fleurs sur des tiges de métal, pourvues de feuilles, en font des bouquets ou les incorporent dans des objets décoratifs. Cette spécialité aurait coûté à Louis XV la bagatelle de 800.000 livres de fleurs offertes à Madame de Pompadour.

Madame de Pompadour fut aussi une des premières à s'intéresser à la produit. En 1748 Gérin crée le premier four tunnel qui consiste à faire avancer dans un tunnel la céramique qui chauffe par conséquent progressivement et rencontre au centre une zone plus chaude, puis de la même façon refroidit progressivement en avançant à l'autre extrémité[2].
La manufacture peaufine son travail de l'or en concluant un contrat avec le moine Hippolyte le Faure, lui donnant le secret de la préparation d'un mordant, des secrets d'application et de la manière de le brunir.
La technique du biscuit fut attribuée au peintre Jean-Jacques Bachelier dès 1749, consistant à faire une seule cuisson, sans glaçure ni émail. Ce qui permit la réalisation de copies de statues. Le Jaune est la première couleur à servir de fond dès 1749. Cette couleur est boudée par la clientèle de l'époque et il ne sera réalisé dans cette teinte que 29 pièces sur les 6500 de la production de 1754.

L'arrivée en 1748 de l'orfèvre Jean-Claude Duplessis, qui va introduire de nouvelles formes, mais aussi des personnages inspirés de l'œuvre de François Boucher. Philippe Xhrouet, intègre la Manufacture en 1750, il est spécialisé en bordures et dans la peinture des fleurs. Le chef d'atelier des couleurs est alors Hendrick van Hulst actif de (1750 à 1753, il décède en 1754) son successeur sera Jean-Baptiste-Étienne Genest de (1752 à 1789), spécialiste des fleurs et des figures. Cette année là un des actionnaire Philibert de Parseval, vend ses deux actions à Didier de Saint-Martin. André Vincent Vieillard est responsable de l'application des putti et des motifs d'oiseaux. La majeure partie des ventes provient de la production de petites statues émaillées et des fleurs. C'est probablement entre 1749 et 1751 qu'est mis au point un mordant pour les fonds. Le responsable des couleurs Jean-Mathias Caillat part vendre les secrets de fabrication à Tournai, puis légèrement plus tard à la Manufacture de Chantilly, il sera arrêté et emprisonné.

Orry de Fulvy décède le 3 mai 1751 et en 1752 le privilège de Charles Adam est transféré à Eloy Brichard, fermier général qui obtient de nouvelles garanties et participe aux bénéfices pour un tiers; Philibert de Parseval redevient actionnaire. Parmi les actionnaires : Pierre Calabre, conseiller et écuyer du roi.
Le Roi prend une participation pour un quart du capital et la produit devient Manufacture royale, les produits étant dénommé : Porcelaines de France.
En 1752 Jean Hellot est appelé Commissaire du Roi à la Manufacture par le roi et , en sa qualité de Directeur de l'Académie des Sciences, est chargé de perfectionner les procédés et les techniques de fabrication. Il met au point le procédé de pose des fonds colorés et enrichit la palette.
Il obtient les : bleu de roi, (1751) (bleu foncé), Bleu Lapis (1752) à partir d'une fritte à base de cobalt appliqué directement sur le biscuit, revêtu après cuisson d'une couverture plombifère; bleu céleste (bleu turquoise) tirés du cobalt, sans craquelure et le Violet (1753) mais aussi le vert en (1756) mais qui existait déjà dès 1747 pour les fonds.
Jean-Jacques Bachelier, est appelé Directeur artistique en 1751, il apporte aussi des modifications à la décoration des pièces. Robert Millot est le chef des fours.
Boileau, en charge de la comptabilité depuis 1750, négocie en 1753 avec Paul Antoine Hannony pour obtenir le secret de fabrication des pièces à la manière de Strasbourg. Ce dernier ayant demandé 100.000 livres au comptant et une rente viagère de 12.000 livres, ses prétentions démesurées mirent fin aux négociations. Hannony passa la frontière et s'établit à Frankenthal, sous la protection de l'électeur palatin.

Cette époque est aussi marquée par le retour de Gilles Dubois avec Henri Florentin Chanou I (cadet), qui arrivent de la Manufacture de Porcelaine de Tournai, avec le secret de la porcelaine dure. Ils sont en fait les espions de François Joseph Peterinck (1709-1799), et viennent aussi pour débaucher les ouvriers hautement qualifiés.
Deux sculpteurs partiront : Jean-Pierre Varion qui sera arrêté et Jean Chaponnet qui parviendra à Tournai en 1753. Dans ces années là la majorité des pièces pour le Turc sont commercialisées au marchand mercier Aulagnier. À partir de 1753 le point est remplacé par la lettre A pour 1753, B pour 1754, AA pour 1778, BB pour 1779, etc.

Louis XV reçoit le 24 décembre 1753 la première livraison de son service à fleurs Bleu Céleste, qu'il avait commandé en 1751, pour Versailles. Il le fait exposer chez son le marchand mercier, bijoutier ordinaire du roi Lazare Duvaux, rue Saint-Honoré à Paris. Le reste de la livraison va s'échelonner jusqu'en 1755. Louis XV vendra une importante partie de ce service en 1757 à Étienne François de Choiseul, comte de Stainville-Beaupré par l'intermédiaire de Duvaux, (140 pièces).
En 1754, l'Impératrice de Russie commande un service de table, orné d'imitations de camés antiques, qui coûta 360.000 livres. Louis XV commande un service pour Fontainebleau : le Camaïeu Carmin qui lui est livré en 1756.
De cette façon et en payant à prix d'or les techniciens et artistes, la Manufacture devint rapidement la première de France et d'Europe. L'atelier des couleurs, pour la peinture sur porcelaine, occupe en 1756 près de cinquante artistes.

Devant le succès de l'entreprise les locaux s'avèrent rapidement exigus, incommodes et dispersés et ils n'est pas envisageable de les agrandir. La décision est prise de les transférer sur le site de Sèvres.
Au mois d'août 1756, deux cents ouvriers avec leur famille quittent Vincennes à bord de cent quatre-vingt-six voitures, transportant leurs effets et ustensiles à Sèvres. Le souverain offre cette année là un service à fond vert et décors floraux au roi du Danemark.

Le château de Vincennes connaîtra après le transfert de la Manufacture royale à Sévres, une seconde produit de céramique, après l'échec de la produit d'armes. Le 31 décembre 1767 les locaux sont loués au sieur des Maurice des Aubiez, et la nouvelle manufacture est dirigée dirigée par Pierre Antoine Hannong, (fils) avec privilège de 20 ans pour la fabrication de faïence et porcelaine à la façon de Strasbourg. Sa durée de vie sera particulièrement courte et sa production insignifiante.

Œuvres

(liste non exhaustive)

Assiette en porcelaine tendre, décor orientalisant, 1749-1753. Musée des Arts décoratifs, Paris
Cache-pot, Vincennes, c. 1753

Artistes collaborateurs; peintres, sculpteurs, doreurs

Musées, monuments

Voir aussi

Bibliographie

Références

Notes

  1. arrêt du Conseil d'État du 24 juillet 1745, AN :O. 2059
  2. ce procédé va perdurer à Sèvres jusqu'en (1804)

Liens externes

  • [1] Walters Art Museum
  • [2] Musée d'Art de Cleveland
  • [3] Transfert de Vincennes à Sèvres
  • [4] les Arts décoratifs
  • [5] Vase Parseval
  • [6] Les Amis de Versailles collections
  • [7] Manuscrits de l'Institut de France
  • [8] Ministère de la Culture base Joconde

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