Faïence de Quimper

La Faïence de Quimper est produite depuis 1708 dans le quartier faïencier historique de Locmaria, près du centre ville de Quimper.



Catégories :

Faïence - Céramique - Art breton - Culture bretonne

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Le décor au "Petit Breton", créé vers 1860, deviendra emblèmatique de la faïence de Quimper et donnera lieu à de muliples imitations - Henriot, vers 1925

La Faïence de Quimper est produite depuis 1708 dans le quartier faïencier historique de Locmaria, près du centre ville de Quimper. Sa production s'est développée en bénéficiant les gisements d'argile de l'anse de Toulven[1], de la présence de deux cours deau, l'Odet et le Steir et d'importantes forêts environnantes.
L'important développement de la faïence de Quimper entraînera une concurrence acharnée des manufactures locales qui s'exprimera tout autant dans la créativité des décors que sur les bancs des tribunaux.

Décor aux oiseaux, vers 1920

Historique

Les origines

Au début du XIXe siècle, il n'y a par conséquent toujours qu'une grande manufacture de faïence à Locmaria[3] : La Grande Maison de la Hubaudière, et une naissante, Eloury, qui va prendre rapidement de l'essor.

Le siècle de l'expansion

Le XIXe siècle sera le siècle durant lequel se créeront puis disparaitront plusieurs manufactures. Les propriétaires de faïenceries placent des gérants à la tête de leurs entreprises pour mieux se consacrer à la vie publique. Plusieurs d'entre eux et certains de leurs enfants occupent des places de maires, adjoints, conseillers de préfecture, députés ou sénateurs.

La mécanisation apporte son lot d'évolutions avec des machines à vapeur et des roues à engrenages pour le travail de la terre, alors que l'industrialisation, déjà naissante au dernier tiers du XVIIIe siècle, achève, dans la première moitié du XIXe siècle, la faïence artistique survivante et fait la part belle à la faïence utilitaire et culinaire.

La manufacture Porquier frères, qui a pris le contrôle des Eloury en 1838, dépasse en importance la manufacture de la Hubaudière. Les Tanquerey, acquéreurs en 1841 de la manufacture Dumaine, prennent de l'importance et se lancent aussi dans la faïence culinaire.

Après plusieurs tentatives des manufactures, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de revenir à la faïence artistique, la veuve Porquier s'associe vers 1875 à Alfred Beau, dont l'apport en matière de peintures sur faïences et de style artistique sera déterminant pour Quimper.

À partir de 1891, le jeune Jules Henriot, héritier de la manufacture Tanquerey, se lance à son tour dans la faïence artistique.
Au début du XXe siècle, Quimper compte trois grandes manufactures de faïence, dont les marques sont renommées dans toute la France : HB pour Grande Maison de la Hubaudière, PB pour Porquier-Beau et HR pour Henriot.

Le XXe siècle et le temps des mutations

Assiette au "Petit Breton", Henriot, vers 1925

La manufacture Porquier connait de graves difficultés dues en partie à la contrefaçon de sa production par Malicorne et Desvres et cesse de fonctionner définitivement en 1904. Jules Henriot rachete la marque, les moules et les poncifs de Porquier.

À cause de problèmes familiaux et financiers, HB doit sous-traiter une partie de sa production dans le Nord, à la Faïencerie de la Madeleine (Boulogne-sur-Mer), appartenant à Jules Verlingue. La production HB est totalement arrêtée en 1914[4]. Jules Verlingue rachète alors en 1917 la «Grande Maison».

À l'aube de la Grande Guerre, il ne reste plus que deux manufactures à Locmaria, HB-la Grande Maison et Henriot-Porquier-Beau.

Le climat social de l'époque est dur. En 1925, pendant une grève, les ateliers Henriot sont ravagés par un incendie. Tandis que Jules Henriot en profite pour réorganiser ses locaux et moderniser la production, Jules Verlingue investit lui aussi pour profiter de l'essor touristique dû au chemin de fer.

Pichet en grès, manufacture HB, marque Odetta, vers 1930.

La concurrence entre les deux manufactures est rude, marquée par le débauchage, la contrefaçon et bon nombre de procès. Mais les deux manufactures rivalisent en particulier par des engagements artistiques forts. Chez Henriot, Mathurin Méheut fait figure de chef de file alors que chez HB, René Quillivic remplit ce rôle.
Différentes gammes cœxistent au sein d'une même manufacture. Chez Henriot, l'atelier ordinaire crée les pièces touristiques alors que l'atelier fantaisie, avec ses propres décorateurs, réalise les pièces plus particulièrement élaborées.

Durant la guerre les deux manufactures continuent leur activité. Si la production respectant les traditions est quantitativement moindre, HB comme Henriot trouvent un nouveau marché imposé avec le régime de Vichy, mais en particulier avec les armées d'occupation. Une importante production voit le jour, utilitaire ou commémorative. En échange de cette production les manufactures sont classées V. Betriebe, par conséquent prioritaires, et sont approvisionnées en matières premières.
Une partie de cette production porte une mention évoquant tel ou tel bataillon allemand[5].

En 1968, la faïencerie Henriot connait de graves difficultés. Jean-Yves Verlingue, propriétaire de «la Grande Maison», fait une offre de reprise et fusionne en 1969 les sociétés HB et Henriot, réunissant les trois grandes manufactures d'origine (Dumaine, Eloury, Bousquet) sous le nom de «Faïenceries de Quimper».

En juillet 1983, les Faïenceries de Quimper elles-mêmes déposent leur bilan et cessent toute activité. Paul Janssens, distributeur américain des marques HB et Henriot, réunit un groupe d'investisseurs et reprend la société qui devient «HB-Henriot». La reprise est conduite jusqu'en 1987 par le Directeur Général Pierre-Jules Henriot, l'arrière petit-fils de Jules Henriot. HB-Henriot est cédée en 2003 à Pierre Chiron, industriel breton, et dirigée par Michel Merle.

En 1994, les vieilles familles faïencières quimpéroises Henriot et Verlingue, associées à la famille Breton (distributeur de faïence à Quimper depuis plus de 70 ans) ainsi qu'à la Poterie de Montgolfier, lancent la «Faïencerie d'Art Breton», sous la direction de Pierre-Jules Henriot.

Les caractères stylistiques

La genèse du style Quimper

Les premières productions de Quimper remontent au début du XVIIIe siècle. Ce sont des terres cuites décorées aux engobes et vernies au plomb, dans un style importé du sud de la France par Jean-Baptiste Bousquet. Les décors de cette époque rappellent les faïences de Marseille, avec la prédominance d'un jaune d'or caractéristique.

L'arrivée de potiers nivernais autour de Pierre Belleveaux, faïencier de Nevers, apporte une touche spécifique dans les décors : un trait de pinceau plus libre et des motifs floraux caractéristiques, colorés et luxuriants. Les pièces sont toujours décorées et peintes à la main. La peinture du Quimper peut se faire sur émail, dite «à cru» ou sous émail. Cette peinture se fait au pinceau ou à l'éponge, quelquefois, pour des pièces complexes avec l'utilisation d'un poncif (calque à petits trous).

L'alliance de la fille de Pierre Belleveaux avec le directeur de la Manufacture Royale de Rouen, Pierre Clément Caussy enrichit la palette quimpéroise des aplats de couleur, des quadrillages et d'un nouveau coloris : le rouge de fer ou bol d'Arménie. On voit aussi apparaître à partir de 1750 une ré interprétation du décor à la corbeille, typiquement rouennais, mais traité avec la touche héritée de Nevers.

Le style Quimper possède par conséquent ses cinq couleurs : Bleu, vert, jaune, rouge et violet.
Tout au long du XIXe siècle, les faïenciers quimpérois vont peaufiner leur technique et fluctuer leurs décors : décors au coq, aux oiseaux, décors japonisants ou chinois, mais également pièces de forme principalement d'inspiration religieuse, vierges et saints.

En 1860 apparaît un motif qui va asseoir définitivement l'identité de la faïence de Quimper : le «petit Breton» à la fois stylisé et naïf, représentant intemporel de la Bretagne, devient la signature reconnaissable entre toutes. C'est aussi l'époque de l'arrivée du chemin de fer qui fait de Quimper une destination privilégiée pour les touristes et les artistes.

A la fin du XIXe siècle, Quimper dispose de l'ensemble des éléments d'un style caractéristique : technique céramique, gamme de couleurs, touche de pinceau du décor à main levée, sujets religieux ou régionalistes. L'arrivée de créateurs, portés par la nouvelle mode pour la Bretagne[6], va permettre à ce style de s'exprimer pleinement sans s'enliser dans une production touristique répétitive. Les pièces de forme s'enrichissent de multiples sujets d'inspiration locale et légendaire : scènes de pêche ou de marine, scènes folkloriques.

L'apport des créateurs

La collaboration des manufactures quimpéroises et des artistes va s'augmenter tout au long du XXe siècle, plus de deux cent soixante artistes sont édités. Si, pour certains, la participation est épisodique, d'autres s'investissent à long terme.

Les faïenceries

Signature Henriot, après 1922
Signature Porquier-Beau Henriot, après 1914
Signature Fouillen, après 1950

Les productions apocryphes

Plat en Faïence de Desvres Manufacture Gabriel Fourmaintraux
Marque GF (Gabriel Fourmaintraux) Breizh.

Le succès des productions du style Quimper au XIXe siècle entraîna l'éclosion de multiples imitations. Les faïenceries des autres régions françaises répondirent à la demande croissante en produisant des pièces inspirées du folklore breton. De multiples procès opposèrent les faënciers bretons à leurs homologues des autres régions sans pour tout autant réussir à contrer ces créations.
Au dela de l'opportunisme commercial, cette vague de céramique bretonne fut facilitée par la mobilité des céramistes et peintres et par les échanges commerciaux et artistiques déjà actifs entre les régions. La faïencerie HB, qui soutraita une partie de sa production auprès de la Faïencerie de la Madeleine, à Boulogne-sur-mer, dirigée par Jules Verlingue[10], sera reprise par ce dernier en 1917.
Desvres, dans le Pas-de-Calais, distant d'uniquement quelques kilomètres de Boulogne-sur-mer, aura aussi une importante production dans la manufacture Fourmaintraux. Gabriel Fourmaintraux répondra à la demande en créant des modèles signés Breizh, Le Garrec distribués dans son magasin de vente de Morlaix. Son style graphique, influencé par les personnages de bande dessinée, donna naissance à des décors et des figurines originaux et attachants.
Malicorne, dans la Sarthe, fut aussi un centre faïencier important et dériva du modèle Quimper[11] une production personnalisée dans laquelle les légendes sarthoises sont habillées de personnages bretons.

Notes et références

  1. Cette terre est adaptée à la fabrication de terre cuite, de faïence ou de grès.
  2. Son autre fils Charles, né à Saint-Zacharie en 1690 poursuit la production des pipes en terre après la mort de son père.
  3. devenu Quimper depuis 1791
  4. Le dernier héritier de HB tomba au front en 1916.
  5. Cette attitude durant la guerre amène les manufactures à être traduites devant le Comité de confiscation des profits illicites à la fin de l'année 1944.
  6. L'école de Pont Aven et les multiples publications illustrées sur le folklore breton apparaissent à cette époque.
  7. Ce bâtiment est actuellement disparu.
  8. Cecile Ybert, «Faïence de Quimper du XXe», dans Antiquités Brocante, n° 121, juillet/août 2008.
  9. Ils fondent le groupe "Ar Seiz Breur".
  10. Il dirigea pendant une quinzaine d'années une petite faïencerie rue de Bréquerecque.
  11. Léon Pouplard fut en premier lieu représentant pour les faïenceries HB de Quimper avant de fonder sa propre faïencerie à Malicorne.

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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